Born to Ride 2017 – Race Report

Sur la ligne de départ, après une petite averse qui fut au final de bonne augure, je ne ressens à ma grande surprise aucune inquiétude ou stress, c’est pourtant pas les raisons qui manquent ! Mais dans mon manque de préparation, j’aborde l’épreuve avec un recul et une humilité forcée qui feront s’envoler ces palpitements du cœur ; ceux que l’on peut ressentir lorsqu’un compte à rebours commence.

Quelques heures avant cela, en voilà pourtant une bonne raison de paniquer ! mon passage du grand au petit plateau ne se fait pas… il s’avère que dans mon élan de nettoyage du vélo, j’ai reassemblé la petite couronne à l’envers… L’ami @Julien Verlay me reconnais bien là et préfère en rire. Voilà ce pédalier enfin remis, je suis prêt à bien attaquer ce repas qui nous est offert par l’organisation, dans ce super cadre qu’est le Monastère bien au sommet du Mont Sainte-Odile.

Un briefing très responsabilisant nous est donné par notre ami Luc Royer, le départ a lieu à 22h avec la descente du mont, très calme à la tombée de la nuit. Je pars peut-être un peu trop fort (bien entendu) et me rends compte que je suis dans un groupe de rouleurs très speed qui ne sont pas là pour planter des carottes.

Dans ce qui sera ma seule séance jardinage, après avoir fait tomber ma lumière arrière et tenter de rattraper mon groupe, je me retrouverai à faire de multiples demi-tours dans les vignes… pour enfin retrouver ma route et un joli peloton de mes amis avec lesquels j’ai partagé le repas !

On amorce sereinement mais de manière bien soutenue, le mont Blauen en route vers l’Allemagne.

Arrivés vers 2h du matin au sommet, l’ascension me fait me rendre compte qu’un braquet plus léger m’aurait évité un peu de fatigue, tant pis pour mon « tout à gauche » 36×32 avec toute ma bagagerie.

Trace Strava « départ BTR » 126K 1300D+ 5h20

La descente fut très humide et le froid me fatigue, je décide de bivouaquer peu de temps après avoir redescendu, vers 5h du matin.

Second jour au démarrage tranquille, je retrouve quelques personnes de la course sur ma route et nous sommes partis pour la suisse que j’affectionne tout particulièrement.

Jour 1 CP1 Blauen –  Grimsel 223K 3400D+ 18h

J’écrirai un article propre à l’utilisation du GPS,au repérage de course et particulièrement aux erreurs à éviter. Pour ma part, mon erreur de mapping fut lorsque j’ai étudié les deux possibilités de sortir de la suisse, entre Grimselpass + Simplon, ou Gothard avec son fameux col pavé. J’ai malheureusement chargé une carte alternative qui me faisait emprunter un sentier de 5km, que j’avais choisi de ne pas faire. J’ai donc perdu un bon 45 minutes à refaire ce segment avec Google maps, à noter les patelins sur papier libre.
Cette frustration fut largement compensée par une pause snack remplie de bons fruits achetés au marché.

Une entrée dans la suisse ensoleillée, une ascension longue mais régulière par le Bloseberg s’en suit par ce que la suisse a de meilleur à donner :

Les détours préservés de la suisse

Je retrouve mon ami @Clement Amano sur la route à son rythme, il va moins vite mais c’est un sage de la route qui a l’expérience dans sa gestion sommeil/effort après un Paris-Brest-Paris dans les jambes. Je sais que je fais trop de pauses, il me donne à réfléchir sans le savoir…

 

L’ascension du Grimselpass est une aubaine, à cause de son enneigement au sommet, cela fait une semaine seulement qu’il a rouvert à la circulation. C’est le chemin officiel, pas le plus court du tout en termes de temps mais il nous fait grimper un maximum et j’en veux pour mon séjour !

j’essaye de garder un bon rythme mais je sais que je ne vais pas pouvoir aborder le deuxième col du Simplon car il fera trop froid pendant l’ascension du Simplon. Un hôtel entre Grimselpass et Simplon me requinque pas mal, douche appréciée. J’ai trop dormi mais c’est pas grave, je veux que cette première expérience se déroule dans les meilleures conditions.

C’est à l’attaque du Simplon que je rencontre Jeff avec qui j’arriverai jusqu’à M en Italie. L’ascension du Simplon à la fraiche est vraiment superbe, c’est roulant et le D+ n’est pas agressif.

Jour 2  Simplon – CP2 Mottaronne 160K 2800D+ 10h40

Jour 2 CP2 Mottaronne – Turin 132K 400D+ 7h

Passage du Simplon et son aigle ( 📸 par Jeff)

C’est la grimpe de motaronne qui aura raison de moi, je faillit à faire une petite hypoglycémie et prends 5 minutes de break pour sécuriser ma grimpe. Arrivés à motaronne, on se rend compte qu’on est pas mal classés (30 je crois), je commence vraiment à me rendre compte que tous ces gens en mono-plateau et grosse cassette de 40+ ont vu bon !

Partis de motaronne après un énorme plat de pâtes, nous formons un groupe très efficace de 4 personnes qui tranchera les plaines italiennes à + de 40km/h, pas le temps de niaiser malgré les superbes villages que nous traversons. Notre groupe (au final de 3 personnes) étant solide et homogène, je décide de rester avec eux pour la journée suivante. L’arrivée à Turin coïncide avec le milieu de la nuit.

Petite erreur ici fut d’aller à l’hôtel avec les gars plutôt que de gérer mon sommeil tout seul. En effet, je privilégie un réveil naturel et je ne mets généralement pas d’alarme pour me réveiller. Mais la chose est tout autre quand nous roulons en groupe ! Mon corps aura raison de moi car à la reprise au petit matin, mon corps refuse de pédaler, j’ai du mal à suivre alors que nous allons à peine à plus de 25 Km/h.

Je fais donc le choix de laisser mes compagnons aller à leur rythme et choisi la sieste de 20mn aux abords du col pour Montgenèvre. Je reprends cette séance de grimpe plein d’énergie, peu importe le soleil qui sera au zénith une fois que je rejoins le 3ème checkpoint, je prends un plaisir fou à rejoindre le côté français ! la descente ce fait dans une chaleur accablante et à contrevent, mais une petite pause pour tremper les pieds dans l’eau glacée de la durance recharge mes batteries facilement.

Je continue mon chemin seul vers le finish, et je retrouve mes copains d’Italie lorsque je suis posé en terrasse en attendant ma pizza. Nous irons de nuit à travers la méoule, et on bivouaque à Sault pour se garder le mont Ventoux au petit matin.

Jour 3 Turin – CP3 Montgenèvre – Sault (pied du ventoux) 295K 3300D+ 14h

Démarrage de la journée à 4h30, je grimpe le Ventoux seul pour ce baptême qui n’aurait pas pu se faire en de meilleures conditions. Aucun cycliste à l’horizon, seul mon grand ami @Julien me rejoindra en haut lorsque je prends ma pause photo, Je sais combien le Ventoux est précieux pour lui, nous partageons les derniers mètres de grimpe.

Sommet du ventoux, hygiène (📸 par Julien Verlay)

@Fanny est pas loin derrière et nous continuons la route ensemble.

Julien est trop dopé grâce à la descente du Ventoux à mach 3, il appuie trop fort pour nous. Je découvre Fanny qui est parisienne également, on s’applique à garder un rythme solide et régulier tout en faisant connaissance, sachant tout deux que nous sommes en sécurité pour être dans les délais de ce soir au mont aigoual.

Ayant mis le tracker de mon garmin et sachant que mes parents m’attendent en haut, je ne peux m’empêcher d’appuyer sur mes pédales, je commence à avoir les bons réflexes : pauses à minima, rafraichissement déraisonnable et cette chaleur caniculaire, protection solaire, je mange mes bonbons sur la route et je trace seul à mon rythme sur ce long faux plat des cevennes, je n’en voit pas le bout ! le mont aigoual est si proche, mais il est invisible. On tourne autour longtemps avant d’y arriver. Mes nerfs lachent quand vers la fin de la course, nous devons redescendre puis remonter dans un single track très minimaliste. J’insulte allègrement les mouches qui naïvement m’affectionnent sans connaître la rage que j’ai à leur encontre.

Ca y est, je vois la fin, la route devient d’un coup super bien, j’appuie sans cesse, mes parents savent que j’approche. L’émotion est très grande au finish, l’accueil des autres finishers est ineffable. Je l’ai fait, de surcroît dans un temps raisonnable de 90 heures qui me classe 25ème.

Jour 4 CP4 Ventoux – FINISH Mt Aigoual  240K 3500D+ 14h40

Mes apprentissages sur la BTR :

Dormir à son propre rythme, ne pas se caler sur d’autres personnes et respecter ses besoins de sommeil.

Je suis très satisfait par mon vélo Genesis Zero, merci à @l’échappée belle ! Bien qu’ayant opté pour un cadre en carbone, je suis très satisfait du confort de roulage qu’il m’offre. Les pneu de 25mm n’ont pas été un problème mais je reste curieux d’aborder une longue distance avec un des gommes plus larges. Malheureusement, j’aurais besoin de plus de clearance et de changer de cadre si je veux le faire.

Pour du D+, je serai également plus à l’économie si je passe en « 1 by » avec un mono plateau et une cassette plus ample.

J’ai de mauvais souvenirs sur mes longues distances, par rapport aux contraintes sur le périnée. J’avais donc monté une selle ISM (reliques de ma période triathlon !) mais je me suis rendu compte qu’après un certain moment, j’ai développé une mauvaise montée de mon genou droit qui « fait des ronds » à cause du bec de selle trop large. Bien que je me sens bien sur ma selle au niveau du périnée et que je suis très à l’aise particulièrement une fois sur mes prolongateurs, je pense que c’est la selle qui est à l’origine d’une « presque » TFL/essuie-glace. Une fois que je me suis vraiment appliqué à ne pas dévier mon genoux dans sa montée, c’est rentré dans l’ordre.

Pour le coté « Tangible » / matérialiste, je suis satisfait de :

Mon electronique

Garmin 1000 pour le guidage + mon vieux 500 en backup (pas utilisé)

Ma montre forerunner 235 pour la fréquence cardiaque, pratique au poignet !

Chargeur Anker 20 000 mAh

A l’exception de ma lampe lezyne qui ne s’avère pas pouvoir fonctionner si elle est en train de charger 🙁 . J’investirai donc dans une lampe avant qui va bien pour les prochaines !

Je suis très heureux d’avoir fait un bike fitting un peu avant la BTR.

J’avais déjà fait une semi étude posturale en statique, donnant des cotes idéales selon la pratique envisagée, après mesures corporelles) mais je voulais conforter cela avec une étude posturale plus complète, en dynamique.

J’ai fait la connaissance de Daniel Casado qui a été très efficace et de bon conseil pour ma position. Il connaît très bien la position CLM et il a su adapter la position pour quelque-chose de plus confortable et durable.
Je vous conseille de ne pas vous y prendre au dernier moment pour ce faire, car l’étude peut durer et demander quelques ajustements au fil des semaines. Il faut également pouvoir être confiant dans sa position aux abords d’une course.

Vous connaissez tous le conseil de ne pas changer ses habitudes au dernier moment ! c’est valable aussi bien sur le plan nutrition, ou équipement.

Articles par les copains :

Born to Ride 2017 par Julien V. (la tête et les jambes)

Born to Ride 2017 par Fanny B.