#Normandicat 2018

Et voilà un premier challenge accompli ! La #Normandicat était sur mon calendrier comme le premier évènement majeur de ma saison. Celui-ci aura la particularité de me donner la météo au commencement de cette saison. Après une brève inquiétude suite à ma blessure de Décembre, cet évènement est pour moi l’opportunité idéale de faire le point sur pas mal de choses. Car l’on se pose pas mal des questions… Suis-je en forme ? Je suis comblé par mon nouveau vélo mais ai-je la bonne position ? Ne suis-je pas trop ambitieux dans ma planification ?

Un beau programme !

Si j’aborde cette « course » (oui, ça reste pour moi une alleycat dans l’esprit alleycat et cela implique donc un classement) avec détachement et sans objectif de classement, je me suis quand même déterminé à parcourir cette distance de 900 km en moins de 50 heures.

C’est ce que j’estime nécessaire pour pouvoir faire une BTR de manière efficace, avec juste ce qu’il faut d’inconfort. L’autre inconnue est la suivante : suis-je capable d’enchainer deux fois 450 Km coup sur coup ? Car c’est autour de ce mi-parcours à St Céneri le Gérai que tout s’articule.

Trop la chance !

Je ne suis pas le seul embarqué dans cette aventure, car il y aura avec moi Fanny et François, on formera ensemble l’équipe L’échappée belle J

Même si nous avons chacun nos objectifs sur ce parcours, le but reste de prendre un maximum de plaisir ensemble, sans toutefois être dans la concession d’un rythme différent. Croyez-moi c’est faisable de pousser un peu sur une sortie de 80 Km afin de rester avec son groupe, mais sur d’aussi grandes distances, ce n’est pas applicable, ou alors au prix d’une grande frustration. On est tous d’accord dès le départ, on roule ensemble mais chacun à son rythme, pour idéalement se retrouver aux checkpoints.

Le départ est donc à 22h à la veille de l’ascension.

Nous voilà partis en direction nord-ouest vers St Vaast la Hougue, alors qu’une grosse portion des partants vont vers Jumièges. L’ordre des check-points est libre, à chacun d’affiner sa stratégie ! Avec Fanny et François, nous avons travaillé ensemble sur le parcours et opté pour le chemin le plus court. Partir vers Jumièges alors que le bac est fermé nous rallonge de 25 km. Ce n’est pourtant pas un mauvais calcul car le vent aura plus tard raison de nous !
On recroisera quand même Sam Thomson, un rouleur anglais dont nous avons fait connaissance avant le départ. Il a eu la bonne idée de se faire des sandwichs au fromage de chèvre, mes blagues fusent à la même vitesse que nous traversons la zone marécageuse autour d’Isigny sur mer. Décor envoutant, nous filons dans la nuit sur des petites routes très roulantes, jonchées de bambous ou autres herbes hautes, la pluie commence à s’appuyer…

J’ai eu la mauvaise idée de penser qu’à trois avec nos vélos, nous allons arriver à ne pas ressembler à une boite de sardines dans cet abribus de campagne. On se pose une heure et essaye de dormir malgré le bruit de la couverture de survie que François a eu la bonne idée d’utiliser (cette phrase est emplie de mauvaise foi).

Difficile de repartir ! il ne pleut plus trop mais je suis clairement sous-habillé et j’ai très mal prévu la question vestimentaire. Je me retrouve avec un base layer d’été, mon jersey et un simple gilet de pluie. Heureusement que Fanny a emporté un deuxième jersey dont elle n’a pas vraiment besoin, en voilà un geste qui me sauvera la mise car j’ai dû garder ce second jersey quasiment toute la durée du parcours.

St vaast la hougue au petit matin

Petit matin

Nous avons franchi le premier checkpoint de St Vaast la hougue sans encombre, avant d’enchainer rapidement vers le cap de la hague. La descente vers le sémaphore est des plus belles, le dépaysement est total après tant de temps passé à ne pas voir plus loin que notre lampe de vélo et quelques luminaires des villages traversés. Même Cherbourg dormait paisiblement lors de notre passage.

On reste en mouvement ! ici pas de réseau sur nos téléphones de toutes manières, on doit vite rejoindre l’agglomération car on a bien froid. Partons maintenant à la recherche d’un peu de café…

C’est vers 6h du matin que l’on trouvera enfin un café ouvert et salvateur. En chemin nous avons vu un vélo devant un abribus, et une tête en sortir à peine réveillé. On recroisera Duncan une fois arrivé au check point de Granville ou nous nous sommes autorisé une pause gargantuesque, plusieurs cafés et même un live sur Instagram pour l’échappée belle.

François

Finalement, Duncan roule à notre rythme ; on reste plutôt groupés en ce début d’après-midi. Nous restons sur le gigantesque toboggan de départementales. C’est plus simple pour s’orienter je trouve, que de suivre une carte qui a l’air certes de faire moins de dénivelé, mais qui comporte peut-être quelques complexités. Fanny et François s’y heurterons sans plus tarder avec un passage apparemment très boueux et pas mal de gravel.

Golden hour with duncan

Mi-parcours

Nous arrivons quand même à nous retrouver sur la fin, ravis de voir que l’objectif de cette première journée est bien rempli avec 450 km au compteur, et seulement une heure perdue. Mon corps était bien préparé pour notre allure, du coup j’ai encore beaucoup d’énergie à l’arrivée à St Céneri de Gérai ou nous avions prévu de bivouaquer. Fanny et François le sentent bien, de plus Duncan est aussi partant pour faire tirer encore un peu.
Pour ma part, je me dis « jusqu’à ce que je ressente la fatigue et l’envie de dormir ». Mon compagnon d’infortune préfère un objectif précis, nous nous accordons sur 60 km en plus, ou une heure du matin (il est alors 22h).

C’est pourtant l’inverse qui se produit. Même pas deux heures après Duncan a du mal à luter contre le sommeil. Je préfère donc m’arrêter avec lui car de toutes façons il va bien falloir dormir à un moment. Quand il reprend la route pour chercher un bivouac, il s’avère que juste derrière lui que sa lampe n’éclairait pas, il y a une maison en construction non loin. Pas Idéal mais au moins nous serons au sec.

Fanny

Le réveil à 4h30 après 5 heures de sommeil tombe à point nommé. J’aurais bien dormi une heure de moins mais bon, au moins c’était une bonne récup.

Et bien malgré un redémarrage horriblement froid, au point de presque me gâcher la beauté des paysages au lever du soleil, nous arrivons quand même au checkpoint de Bernay 80km plus tard.

A ce point, je n’ai pas pu recharger mes batteries et je commence un peu à m’inquiéter de l’autonomie.

Je suis confiant sur mon éclairage car la Exposure que Stéphane m’a prêté dispose une très grande autonomie, par contre mon GPS est assez gourmand. Je restreins l’usage de mon téléphone au stricte nécessaire afin de communiquer avec Fanny et François, puis pour envoyer les nouvelles à Xavier, l’organisateur de la course.

Pour l’anecdote et le côté « tangible », j’ai choisi de partir plus léger que pour la dernière BTR, j’ai donc deux batteries USB assez légères (6400 mAh) plutôt que ma grosse 20 000 mAh.

J’ai fait ce compromis afin de me passer de ma sacoche de cadre qui, bien que super pratique et d’une grande capacité, m’empêche d’atteindre mes bidons aussi facilement.

Le dernier stretch

Nous voilà repartis encore quelque-peu vers le nord, Duncan et moi roulons en décalé, j’enchaine les bornes sans m’en rendre compte et prends très peu de pauses seul, tout se passe bien…

Arrivé peu avant Jumièges, je fais une erreur monumentale lorsque je me vois arriver à une vile en bord de seine, à ce moment-là je me dis que je suis à Jumièges et je saute dans le bac qui s’apprête à partir ! une fois de l’autre côté je me rends compte que j’étais loin du but ! et me voilà avec une bonne demi-heure de retard… Tant-pis ! je me suis fait avoir comme un bleu, c’est entièrement ma faute et ma frustration m’énergise… j’arrive enfin à Jumièges et patiente pas trop avant d’attraper mon bac…. Bien-sûr je recroise Duncan à la sortie du bac et on reprend ensemble pour une dizaine de kilomètres.

Maintenant la nuit approche un peu et j’ai bien le finish dans le viseur, je me dis que 23h sera réalisable, ce qui me ferais boucler la course en moins de 50 heures !

Tout se passe globalement bien et je minimise les pauses au stricte nécessaire pour trouver de l’eau, malheureusement notre trace traçait vraiment trop court et nous faisait emprunter routes fermées, chemins de vigne et j’en passe. Je préviens Fanny et François afin qu’ils ne tombent pas dans le piège car je sais qu’ils feront ça dans la nuit noire.

Au CP de granville (oui il fallait insérer la photo plus tôt mais à ce stade de la normandicat je ne prennais plus beaucoup de photos…)

Puis comme on s’est dit avec Duncan, les premiers 100km sont gratuits, les 100 derniers aussi ! et en effet, l’approche de Bayeux me rend euphorique. J’appuie de plus en plus sur mes pédales, je sais que je suis le premier de ceux qui ont fiat la course dans ce sens, mais je n’ai encore aucune idée de l’avantage qu’ont eu les autres qui ont commencé par Jumièges et bénéficié d’un meilleur vent.

J’arrive à 23h comme prévu, deux autres rouleurs étaient déjà arrivés (et déjà repartis !) Je retrouve Xavier qui m’offre un super repas de finisher, moins d’une heure après, Duncan arrive lui aussi 🙂 Suivi de Fanny et François qui complètent le top 5 !

100% de la team échappée belle est dans le top 5, on est super heureux, on arrive à peine à finir nos phrases mais on arrive à en rire.

Finisher !

Zefal Born to Ride 2018

Un des évènements principaux de l’année pour moi ! l’année dernière, ce challenge organisé par Luc Royer marquait mon entrée dans le monde du bikepacking.

Venant d’une communauté hyper active du pignon fixe, je recherche aussi et toujours à rencontrer de nouvelles têtes. La perspective de voyages à vélo ou pour le vélo m’excite toujours car je sais que je vais sortir de mon confort parisien et que je vais forcément faire de super rencontres. Mis à part le fait de se dépasser physiquement et mentalement, il y aura pour moi toujours cet aspect social qui est indissociable de n’importe quel sport, aussi solitaire soit-il.

La prépa

Car la préparation d’une course fait partie inhérente de l’évènement. Laisser trop de place au hasard coute trop cher en longue distance. C’est pourquoi je devais déjà bien valider mes choix techniques par rapport à mon nouveau vélo, le Moots Routt RSL que nous avons étudié ensemble à l’échappée belle. J’ai pu valider mes choix et en ressortir très satisfait lorsque j’ai participé à la Normandicat un peu plus tôt. En résumé, j’étais très serein quant au matériel.

D’autre part, il fallait bien préparer le parcours. La Born To Ride cette année nous faisait rallier 5 phares depuis Paimpol, jusqu’à San Sebastien. Entre ceux-ci, plusieurs dilemmes étaient de mise. Respecter la trace officielle en passant par Nantes ? ou bien traverser le pont de St Nazaire ?

Aussi, en fonction du timing, certains bacs pouvaient être avantageux, mais il valait mieux prévoir les itinéraires bis au cas où l’on allait rater les horaires parfois très espacés des bacs.

Pour finaliser tout ça, et car j’ai la chance d’habiter une ville peuplée de nombreux autres participants, nous avons confronté nos traces et discuté de tout ça par plusieurs « apéro BTR » et maintes versions de nos itinéraires, partagés assez largement au sein de la communauté.

KM0 – Attaque de Jean-Michel Jappuye !

 

Une après-midi ensoleillée, déjà le plein de nouvelles têtes, pour certains je sais que je vais les revoir en course, pour d’autres je sais que je ne verrai que leur lumière arrière. Cette année je suis équipé plus légèrement et je transporte bien moins d’affaires, ca vient somme toute compenser le choix que j’ai fait de rouler avec un vélo un peu plus lourd mais bien plus confortable.

A l’instar de mon équipement, le cœur lui aussi est assez léger. Je parlais l’année dernière de ces papillonnements lors du départ. Cette année, tout paraît plus simple. Je sais où je vais, je sais globalement avec qui je vais faire le départ, j’ai un planning aux petits oignons, il n’y a plus qu’à faire tourner la machine !
Petite inquiétude néanmoins car une semaine avant mon organisme était assez diminué à cause d’une infection, je pars avec mal de dents et mal de tête mais bon…

Et nous voilà partis, on fait un joli peloton avec principalement trois leaders : Patrick Benevent, Julien Verlay et moi-même qui nous relayons au front. Nous sommes suivis par une bonne trentaine de rouleurs. Eux se plaignent que l’on aille trop vite, nous nous plaignons qu’il n’y ait pas de prise de relai. On s’en fout après tout car l’esprit ce n’est pas ça ! nous sommes beaucoup au départ et il faut que tout cela s’étire, on fait confiance aux hasards du chemin pour rouler un peu moins tassés. On finira quand même à 500 km plus tard pour une première pause dodo avec 29km/h de moyenne. C’est quelque-chose à quoi je ne m’attendais pas, et dont je tirerai les apprentissages rapidement après !

 

Petit peloton du matin

 

La bifurque

A la base, mon parcours m’envoyait à Nantes, à un rythme beaucoup plus mesuré, pour me reposer rapidement dans un petit hotel de la ville. Étant donné que je roulais à l’avant de la course, je me suis laissé influencer par les autres leaders qui passaient tous par le pont de St Nazaire. Je me suis dit que si je voulais garder ce rythme, et comme je me sentais bien, il valait mieux rester en groupe, bien que celui-ci s’était amenuisé (nous n’étions plus que 4 avec Benjamin Gelabert, Patrick Benevent, et Bruno Le Bras).

Je passe donc du statut de « rouleur autonome qui sait où il va », à celui de « j’espère qu’on va pas n’importe où et que je ne fais pas n’importe quoi ».

Avec suffisamment de fatigue, je me plains déraisonnablement que nous faisons une pause trop longue à St Nazaire (arrêt à 18h à St Nazaire, suivi de resto en bonne et due forme et chambre d’hotel pour repartir à 03h30 à l’attaque du pont). Alors qu’avec le recul, je me rends compte que j’étais en fait dans mon planning prévu. Disons que j’ai fait du fractionné long :p

Jour 2

C’est à ce moment que le parcours devient un peu un challenge car je me retrouve à suivre une trace que je n’avais pas repéré virtuellement. Heureusement que nous roulons à une allure assez rapide, je me dis que l’un dans l’autre ça se compense.

Nous voilà partis pour le pont de St Nazaire, 4 pèlerins au beau milieu de la nuit. La montée du pont est impressionnante et pleine d’émotions, on se regroupe en haut le temps d’une photo et nous revoilà lancés en direction du CP3 jusqu’à à la tranche sur mer.

En cours de matinée nous retrouvons divers rouleurs qui ont emprunté un rythme différent, généralement plus lent, mais ayant nécessité moins de pause. C’est ici que je confirme ma volonté d’aller à mon propre rythme car j’ai l’impression que ces derniers km parcourus n’étaient pas les miens. On croise entre-autres Fanny Bensussan qui a su s’écouter et rouler à un rythme bien plus raisonnable, bien qu’ayant fait un seul mini bivouac pour traverser la nuit. On papote un peu et on se fait chambrer car ma récente crevaison nous a fait perdre pas mal de temps, je remercie mes compagnons d’infortune pour leur patience à ce moment.

Ayant commencé notre journée dans l’optique d’arriver au bac de Royan pour 12h30 à une allure frénétique, on se rend rapidement compte qu’on n’est pas dans les clous car on s’arrête trop. Intérieurement, je commence à accumuler de la frustration car je ne suis pas en maitrise de mon chemin. C’est lorsque je vois que nous sommes tangents pour attraper le bac de 14h30, que je décide de reprendre les choses en main. Cette magnifique occasion que nous donne Luc pour nous dépasser individuellement, je décide de la reconquérir et de continuer seul mon chemin en appuyant un peu plus fort sur les pédales.

Si tout se passe bien, j’attraperai le bac. S’il y a un empêchement, au moins je ne pourrai pas accuser injustement le groupe pour cela.

La course redevient mienne, je « roule aux panneaux » pour rejoindre le bac, j’y prends un maximum de plaisir car je sens bien que c’est comme ça que je vais rouler jusqu’à l’arrivée !

Ravi de retrouver le bac à l’heure, je retrouve mes compagnons de route qui ont emprunté un chemin différent ; apparemment ça a laissé des traces car il a fallu bombarder pour y arriver à temps. Satisfaction de voir qu’ils y sont arrivés eux aussi, immense satisfaction de se dire que maintenant, je vais revenir sur mon plan initial à rouler suivant mon feeling.

 

A la sortie du bac, nous voilà partis pour le cap féret. Le chemin est simple, roulant. Je trace sans me demander qui est devant ou derrière. Je suis juste dans l’instant à savourer le fait de rouler sur ma super machine au soleil bientôt couchant. Malheureusement il n’y a plus de bacs entre le cap féret et Arcachon. Alors que je suis résolu à continuer en faisant le grand tour du bassin, Benji nous rappelle que comme Luc le disais, tous moyens accessibles au public pour traverser les bassins eu autres bacs sont bons. Et voilà que 45 minutes plus tard, nous montons dans un zodiac pour une traversée épique du bassin, à 30 nœuds face à la pluie, à tenir nos vélos pour les empêcher de partir du zodiac ! Autant dire que la traversée est dynamisante. Impossible pour moi de m’arrêter bien qu’il soit minuit passé. Je décide de continuer à rouler sous la pluie, on verra bien quand elle aura raison de moi !

 

Last stretch

 

Petit matin sur biscarosse

 

Et la nuit fut longue… il n’a pas arrêté de pleuvoir. J’ai quand même trouvé un bivouac au sec, auquel je suis resté au moins deux heures, jusqu’à ce que la pluie se calme.

Je repars presque sec après m’être changé de la tête aux pieds. Je ne suis pas arrivé à vaincre la nuit + la pluie combinée, mais le moral est bon. Cavalier seul pour cette dernière ligne droite, il ne me reste plus que 200km jusqu’à l’arrivée ! je me sens très en sécurité grâce à mes lumières, la machine met un peu de temps à démarrer pour dépasser les 25Km/h de moyenne mais j’y arrive quand même après une pause boulangerie.

La traversée par hossegor vaut le coup d’œil, les paysages filent très vite et me voilà déjà proche de la frontière.

J’ai pas mal repéré la traversée de la frontière et l’arrivée à San Sebastian, mais je n’ai pas tellement fait attention aux dernières villes qui nous emmènent à Hendaye. A chaque fois que je vois un panneau, je me dis « chouette, dernière ville Française ! » et puis non… en bref j’enchaine les bosses citadines jusqu’à enfin passer la frontière espagnole assez complexe. Nous avions prévu un passage avec un peu plus de dénivelé mais qui allait être plus sûr. Mais la pente à plus de 20% sous la pluie, m’oblige à pousser le vélo. C’est pas grave ! les derniers kilomètres sont gratuits et l’idée de rallier l’arrivée permet de surmonter n’importe quel obstacle.

Je finirai même par la grimpe du faro de Iguieldo en mode KOM hunting, avant de me rendre compte que Luc nous attendait en bas 😉

Par chance, le mauvais temps s’arrête peu après mon arrivée, ce qui me permet de rester pour accueillir les prochains finishers ! Sans surprise, Fanny me rejoint seulement quelques heures après. Nous avons eu le même instinct de continuer à travers la nuit. Ça n’a pas la même dimension quand nous sommes seuls et que ce qui nous tient éveillé ce sont les animaux qui sortent des bois…

Quasiment une semaine après, vous voici à lire ce résumé. C’est le temps qu’il m’a fallu pour digérer tout cela et apprendre de ce qui s’est passé. L’élément principal sur lequel j’aurai progressé finalement ce sera de rester raisonné face à une tache si grande, et à respecter son plan sans trop se faire influencer sur le déroulement. Je pense qu’il faut rester ouvert à l’imprévu, mais cette course m’aura permis de connaître mes limites par rapport à quoi est-ce que je peux lâcher du lest. Respecter son propre rythme est trop important. Je me rends bien compte que c’est tolérable sur une distance comme celle-ci avec 64 heures de course, mais quand je pense à la Transcontinental Race, je sais que tomber dans le même travers sera fatal !

Un immense merci à Luc et toute l’équipe Chilkoot ainsi que les bénévoles. Merci également à l’échappée belle de me faire vivre et partager cette aventure en si bonne compagnie ! Bravo à Patrick Benevent pour s’être révélé et avoir aussi bien roulé sur ce qu’on a pu parcourir ensemble, bravo à Fanny ma co-ambassadrice de choc, ainsi qu’à toute l’équipe de l’échappée belle pour leur esprit et leur soutient, Claire, François, Romain, Patrick et Eric.

La photo finish

Coucou aux membres du RCC avec qui nous sommes partis comme des fusées ! on fait une belle ommelette de rouleurs regardez comme on est frais au départ 🙂

RCC x ZBTR 2018 (photo : Julien verlay)

Merci aux marques partenaires de l’échappée belle : Moots, DT-Swiss, 2-11 cycles et Mohawks