Transcontinental race No6 – part.1

L’impression de passer le bac

Une nuit de Janvier 2018, j’attendais fermement l’ouverture des inscriptions pour la course. on m’avait prévenu que le processus était long, me voilà servi ! après avoir reçu l’e-mail m’invitant à soumettre ma candidature, j’entame une série de questions  qui vont des maths appliqués, à la philosophie.
Afin que notre candidature soit examinée, je vais devoir calculer des estimations de temps de parcours, montrer mes talents à l’utilisation de google maps, ou encore expliquer les raisons qui me motivent à me lancer dans cette aventure. Après trois heures de concentration complète, j’essuie mon front et soumet enfin mon dossier complet.

C’est fait, j’ai vraiment mis le doigt dans l’engrenage de la TCR.
quelques semaines plus tard, je commence à voir des amis qui annoncent avoir été accepté. on m’urge de vérifier mes mails et je trouve ceci:

However, congratulations are in order! Your application has been successful and we would like to offer you a place on Transcontinental No.6

Et maintenant?

La bonne nouvelle est que tous mes potes qui ont candidaté ont été acceptés également. cette aventure va forcement être énorme, pourtant je ne sais pas dès lors à quelle point elle va être changeante pour moi…

La préparation

Quelques lecteurs ont certainement déjà lu mon article à propos de ma préparation et l’ordre dans lequel j’ai enchainé divers évènements de distance croissante. Ce que je cherche à construire c’est assez de confiance pour aborder la course avec sérénité. Après Normandicat (900 km) et Born to Ride (1200km) ponctués de diverses sorties longues ou sur plusieurs jours comme Bordeaux-Paris pendant le festive 500

Parcours

Nous voilà maintenant avec les checkpoints annoncés et 4000km de course à planifier. 4 checkpoints entre le mur de Grammont et Meteora.

Voilà que la course avant la course commence… j’ai eu du mal à comptabiliser combien de temps j’ai passé à faire ma carte, mais au fur et à mesure des discussions avec les autres participants, j’ai plusieurs fois changé d’itinéraires ! prévoyez quelques longues journées à apprendre par coeur les raccourcis clavier de RideWithGPS…

Rouler seul, mais bien accompagné

La TCR est de fait une aventure solitaire. les règles sont strictes de ce point de vue car à part les équipes de deux, il est formellement interdit de rouler en drafting. Etant donnée la longueur de la course et le peu de participants, ca s’étale vite et si on croise beaucoup de concurrents les premiers jours, ca se raréfie bien après 1 ou 2 checkpoints.

On s’est quand même réunis entre les frenchies au départ, histoire de partager un dernier repas bien entouré en haut du mur de Grammont. Je me joins à la tradition. on s’enfile un ou deux cafés puis nous voilà redescendus sur la place du départ, vibrante, un brun intimidante.

Le départ est pris après avoir fait quelques bises, la cérémonie de départ passe à une vitesse folle et on a vite les batteries pleines d’adrénaline, on re-grimpe le muur pour de vrai cette fois, en parade sur cette petite boucle neutralisée et voilà la transition de tout le bruit du départ, qui se fond au  noir après les premières bifurcations. je re-croise certains participants mais je me retrouve vite seul à une allure assez rapide. la première frontière belgique-france est assez symbolique, je la passerai à 3 ou 4h du matin. Vite retrouvée la joie du premier boulanger ouvert au petit matin. c’est à ce moment là que mon ami Stéphane m’écris un bref « je suis juste derrière toi ». assez pour me questionner en me disant que j’ai certainement roulé trop fort pour le départ car je sais que Stéphane finira avant moi. d’un autre coté je me sens très bien et je n’ai surtout pas envie de ralentir. Je vais donc rouler en écoutant mon corps, curieux de comment il va réagir sur plus de 3 jours, distance à laquelle je suis bien habitué.

J’enchaine donc par le coté Français, j’ai choisi ce passage plutôt que le tout droit qui passe par le Luxembourg et qui semble casse-pattes. La stratégie semble bonne et le premier jour se passe très simplement, mis à part un passage sur une nationale que j’ai du éviter et qui m’a valu ma première vilaine crevaison… Après plus de 450 Km, je choisis l’option Hotel et opte pour une bonne qualité de récupération. Ca paye bien car au lendemain matin les jambes sont toujours là. j’enchaine sur une rapide traversée de l’Allemagne avant d’arriver au lac constance que je verrai à peine tout compte faits (à l’inverse du traffic en pleine journée qui est assez pénible).

Me voilà en direction du Lichtenstein, je retrouve quelques participants sur ma route, dont Ede Harisson et Alex Bourgeonnier. Nous faisons ensemble quelques bornes avec Alex sans forcement emprunter les mêmes chemins, mais à un rythme équivament (je préfère m’en tenir à ma carte qui passe par les sous bois, c’est moins roulant mais carrément ludique!). Alex me raconte qu’il meurs de faim et ne parle que des pates « en haut ». D’un coup je le vois carrément accélérer puis s’arreter à une térasse, je me dit qu’il va se faire son petit repas. et je continue tout droit sur la route sans le suivre. J’ai en tête le premier checkpoint et je n’en démords pas. je visualise ce col du Silvreta et me lance tete baissée dedans. je me rends compte que le parcours à commencé, nous avons des détours assez frustrants pour éviter les tunnels.

Voilà que j’arrive en haut après une bonne session réconfort et un live instagram. Il fait nuit, le restaurant en haut du col est fermé. Je croise un coureur ui mange des chips et lui demande ou est le checkpoint.

« The checkpoint is down before the climb, man ».

Je me rends donc compte que j’ai loupé le checkpoint.

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