Transcontinental race No6 – part.1

L’impression de passer le bac

Une nuit de Janvier 2018, j’attendais fermement l’ouverture des inscriptions pour la course. on m’avait prévenu que le processus était long, me voilà servi ! après avoir reçu l’e-mail m’invitant à soumettre ma candidature, j’entame une série de questions  qui vont des maths appliqués, à la philosophie.
Afin que notre candidature soit examinée, je vais devoir calculer des estimations de temps de parcours, montrer mes talents à l’utilisation de google maps, ou encore expliquer les raisons qui me motivent à me lancer dans cette aventure. Après trois heures de concentration complète, j’essuie mon front et soumet enfin mon dossier complet.

C’est fait, j’ai vraiment mis le doigt dans l’engrenage de la TCR.
quelques semaines plus tard, je commence à voir des amis qui annoncent avoir été accepté. on m’urge de vérifier mes mails et je trouve ceci:

However, congratulations are in order! Your application has been successful and we would like to offer you a place on Transcontinental No.6

Et maintenant?

La bonne nouvelle est que tous mes potes qui ont candidaté ont été acceptés également. cette aventure va forcement être énorme, pourtant je ne sais pas dès lors à quelle point elle va être changeante pour moi…

La préparation

Quelques lecteurs ont certainement déjà lu mon article à propos de ma préparation et l’ordre dans lequel j’ai enchainé divers évènements de distance croissante. Ce que je cherche à construire c’est assez de confiance pour aborder la course avec sérénité. Après Normandicat (900 km) et Born to Ride (1200km) ponctués de diverses sorties longues ou sur plusieurs jours comme Bordeaux-Paris pendant le festive 500

Parcours

Nous voilà maintenant avec les checkpoints annoncés et 4000km de course à planifier. 4 checkpoints entre le mur de Grammont et Meteora.

Voilà que la course avant la course commence… j’ai eu du mal à comptabiliser combien de temps j’ai passé à faire ma carte, mais au fur et à mesure des discussions avec les autres participants, j’ai plusieurs fois changé d’itinéraires ! prévoyez quelques longues journées à apprendre par coeur les raccourcis clavier de RideWithGPS…

Rouler seul, mais bien accompagné

La TCR est de fait une aventure solitaire. les règles sont strictes de ce point de vue car à part les équipes de deux, il est formellement interdit de rouler en drafting. Etant donnée la longueur de la course et le peu de participants, ca s’étale vite et si on croise beaucoup de concurrents les premiers jours, ca se raréfie bien après 1 ou 2 checkpoints.

On s’est quand même réunis entre les frenchies au départ, histoire de partager un dernier repas bien entouré en haut du mur de Grammont. Je me joins à la tradition. on s’enfile un ou deux cafés puis nous voilà redescendus sur la place du départ, vibrante, un brun intimidante.

Le départ est pris après avoir fait quelques bises, la cérémonie de départ passe à une vitesse folle et on a vite les batteries pleines d’adrénaline, on re-grimpe le muur pour de vrai cette fois, en parade sur cette petite boucle neutralisée et voilà la transition de tout le bruit du départ, qui se fond au  noir après les premières bifurcations. je re-croise certains participants mais je me retrouve vite seul à une allure assez rapide. la première frontière belgique-france est assez symbolique, je la passerai à 3 ou 4h du matin. Vite retrouvée la joie du premier boulanger ouvert au petit matin. c’est à ce moment là que mon ami Stéphane m’écris un bref « je suis juste derrière toi ». assez pour me questionner en me disant que j’ai certainement roulé trop fort pour le départ car je sais que Stéphane finira avant moi. d’un autre coté je me sens très bien et je n’ai surtout pas envie de ralentir. Je vais donc rouler en écoutant mon corps, curieux de comment il va réagir sur plus de 3 jours, distance à laquelle je suis bien habitué.

J’enchaine donc par le coté Français, j’ai choisi ce passage plutôt que le tout droit qui passe par le Luxembourg et qui semble casse-pattes. La stratégie semble bonne et le premier jour se passe très simplement, mis à part un passage sur une nationale que j’ai du éviter et qui m’a valu ma première vilaine crevaison… Après plus de 450 Km, je choisis l’option Hotel et opte pour une bonne qualité de récupération. Ca paye bien car au lendemain matin les jambes sont toujours là. j’enchaine sur une rapide traversée de l’Allemagne avant d’arriver au lac constance que je verrai à peine tout compte faits (à l’inverse du traffic en pleine journée qui est assez pénible).

Me voilà en direction du Lichtenstein, je retrouve quelques participants sur ma route, dont Ede Harisson et Alex Bourgeonnier. Nous faisons ensemble quelques bornes avec Alex sans forcement emprunter les mêmes chemins, mais à un rythme équivament (je préfère m’en tenir à ma carte qui passe par les sous bois, c’est moins roulant mais carrément ludique!). Alex me raconte qu’il meurs de faim et ne parle que des pates « en haut ». D’un coup je le vois carrément accélérer puis s’arreter à une térasse, je me dit qu’il va se faire son petit repas. et je continue tout droit sur la route sans le suivre. J’ai en tête le premier checkpoint et je n’en démords pas. je visualise ce col du Silvreta et me lance tete baissée dedans. je me rends compte que le parcours à commencé, nous avons des détours assez frustrants pour éviter les tunnels.

Voilà que j’arrive en haut après une bonne session réconfort et un live instagram. Il fait nuit, le restaurant en haut du col est fermé. Je croise un coureur ui mange des chips et lui demande ou est le checkpoint.

« The checkpoint is down before the climb, man ».

Je me rends donc compte que j’ai loupé le checkpoint.

#Normandicat 2018

Et voilà un premier challenge accompli ! La #Normandicat était sur mon calendrier comme le premier évènement majeur de ma saison. Celui-ci aura la particularité de me donner la météo au commencement de cette saison. Après une brève inquiétude suite à ma blessure de Décembre, cet évènement est pour moi l’opportunité idéale de faire le point sur pas mal de choses. Car l’on se pose pas mal des questions… Suis-je en forme ? Je suis comblé par mon nouveau vélo mais ai-je la bonne position ? Ne suis-je pas trop ambitieux dans ma planification ?

Un beau programme !

Si j’aborde cette « course » (oui, ça reste pour moi une alleycat dans l’esprit alleycat et cela implique donc un classement) avec détachement et sans objectif de classement, je me suis quand même déterminé à parcourir cette distance de 900 km en moins de 50 heures.

C’est ce que j’estime nécessaire pour pouvoir faire une BTR de manière efficace, avec juste ce qu’il faut d’inconfort. L’autre inconnue est la suivante : suis-je capable d’enchainer deux fois 450 Km coup sur coup ? Car c’est autour de ce mi-parcours à St Céneri le Gérai que tout s’articule.

Trop la chance !

Je ne suis pas le seul embarqué dans cette aventure, car il y aura avec moi Fanny et François, on formera ensemble l’équipe L’échappée belle J

Même si nous avons chacun nos objectifs sur ce parcours, le but reste de prendre un maximum de plaisir ensemble, sans toutefois être dans la concession d’un rythme différent. Croyez-moi c’est faisable de pousser un peu sur une sortie de 80 Km afin de rester avec son groupe, mais sur d’aussi grandes distances, ce n’est pas applicable, ou alors au prix d’une grande frustration. On est tous d’accord dès le départ, on roule ensemble mais chacun à son rythme, pour idéalement se retrouver aux checkpoints.

Le départ est donc à 22h à la veille de l’ascension.

Nous voilà partis en direction nord-ouest vers St Vaast la Hougue, alors qu’une grosse portion des partants vont vers Jumièges. L’ordre des check-points est libre, à chacun d’affiner sa stratégie ! Avec Fanny et François, nous avons travaillé ensemble sur le parcours et opté pour le chemin le plus court. Partir vers Jumièges alors que le bac est fermé nous rallonge de 25 km. Ce n’est pourtant pas un mauvais calcul car le vent aura plus tard raison de nous !
On recroisera quand même Sam Thomson, un rouleur anglais dont nous avons fait connaissance avant le départ. Il a eu la bonne idée de se faire des sandwichs au fromage de chèvre, mes blagues fusent à la même vitesse que nous traversons la zone marécageuse autour d’Isigny sur mer. Décor envoutant, nous filons dans la nuit sur des petites routes très roulantes, jonchées de bambous ou autres herbes hautes, la pluie commence à s’appuyer…

J’ai eu la mauvaise idée de penser qu’à trois avec nos vélos, nous allons arriver à ne pas ressembler à une boite de sardines dans cet abribus de campagne. On se pose une heure et essaye de dormir malgré le bruit de la couverture de survie que François a eu la bonne idée d’utiliser (cette phrase est emplie de mauvaise foi).

Difficile de repartir ! il ne pleut plus trop mais je suis clairement sous-habillé et j’ai très mal prévu la question vestimentaire. Je me retrouve avec un base layer d’été, mon jersey et un simple gilet de pluie. Heureusement que Fanny a emporté un deuxième jersey dont elle n’a pas vraiment besoin, en voilà un geste qui me sauvera la mise car j’ai dû garder ce second jersey quasiment toute la durée du parcours.

St vaast la hougue au petit matin

Petit matin

Nous avons franchi le premier checkpoint de St Vaast la hougue sans encombre, avant d’enchainer rapidement vers le cap de la hague. La descente vers le sémaphore est des plus belles, le dépaysement est total après tant de temps passé à ne pas voir plus loin que notre lampe de vélo et quelques luminaires des villages traversés. Même Cherbourg dormait paisiblement lors de notre passage.

On reste en mouvement ! ici pas de réseau sur nos téléphones de toutes manières, on doit vite rejoindre l’agglomération car on a bien froid. Partons maintenant à la recherche d’un peu de café…

C’est vers 6h du matin que l’on trouvera enfin un café ouvert et salvateur. En chemin nous avons vu un vélo devant un abribus, et une tête en sortir à peine réveillé. On recroisera Duncan une fois arrivé au check point de Granville ou nous nous sommes autorisé une pause gargantuesque, plusieurs cafés et même un live sur Instagram pour l’échappée belle.

François

Finalement, Duncan roule à notre rythme ; on reste plutôt groupés en ce début d’après-midi. Nous restons sur le gigantesque toboggan de départementales. C’est plus simple pour s’orienter je trouve, que de suivre une carte qui a l’air certes de faire moins de dénivelé, mais qui comporte peut-être quelques complexités. Fanny et François s’y heurterons sans plus tarder avec un passage apparemment très boueux et pas mal de gravel.

Golden hour with duncan

Mi-parcours

Nous arrivons quand même à nous retrouver sur la fin, ravis de voir que l’objectif de cette première journée est bien rempli avec 450 km au compteur, et seulement une heure perdue. Mon corps était bien préparé pour notre allure, du coup j’ai encore beaucoup d’énergie à l’arrivée à St Céneri de Gérai ou nous avions prévu de bivouaquer. Fanny et François le sentent bien, de plus Duncan est aussi partant pour faire tirer encore un peu.
Pour ma part, je me dis « jusqu’à ce que je ressente la fatigue et l’envie de dormir ». Mon compagnon d’infortune préfère un objectif précis, nous nous accordons sur 60 km en plus, ou une heure du matin (il est alors 22h).

C’est pourtant l’inverse qui se produit. Même pas deux heures après Duncan a du mal à luter contre le sommeil. Je préfère donc m’arrêter avec lui car de toutes façons il va bien falloir dormir à un moment. Quand il reprend la route pour chercher un bivouac, il s’avère que juste derrière lui que sa lampe n’éclairait pas, il y a une maison en construction non loin. Pas Idéal mais au moins nous serons au sec.

Fanny

Le réveil à 4h30 après 5 heures de sommeil tombe à point nommé. J’aurais bien dormi une heure de moins mais bon, au moins c’était une bonne récup.

Et bien malgré un redémarrage horriblement froid, au point de presque me gâcher la beauté des paysages au lever du soleil, nous arrivons quand même au checkpoint de Bernay 80km plus tard.

A ce point, je n’ai pas pu recharger mes batteries et je commence un peu à m’inquiéter de l’autonomie.

Je suis confiant sur mon éclairage car la Exposure que Stéphane m’a prêté dispose une très grande autonomie, par contre mon GPS est assez gourmand. Je restreins l’usage de mon téléphone au stricte nécessaire afin de communiquer avec Fanny et François, puis pour envoyer les nouvelles à Xavier, l’organisateur de la course.

Pour l’anecdote et le côté « tangible », j’ai choisi de partir plus léger que pour la dernière BTR, j’ai donc deux batteries USB assez légères (6400 mAh) plutôt que ma grosse 20 000 mAh.

J’ai fait ce compromis afin de me passer de ma sacoche de cadre qui, bien que super pratique et d’une grande capacité, m’empêche d’atteindre mes bidons aussi facilement.

Le dernier stretch

Nous voilà repartis encore quelque-peu vers le nord, Duncan et moi roulons en décalé, j’enchaine les bornes sans m’en rendre compte et prends très peu de pauses seul, tout se passe bien…

Arrivé peu avant Jumièges, je fais une erreur monumentale lorsque je me vois arriver à une vile en bord de seine, à ce moment-là je me dis que je suis à Jumièges et je saute dans le bac qui s’apprête à partir ! une fois de l’autre côté je me rends compte que j’étais loin du but ! et me voilà avec une bonne demi-heure de retard… Tant-pis ! je me suis fait avoir comme un bleu, c’est entièrement ma faute et ma frustration m’énergise… j’arrive enfin à Jumièges et patiente pas trop avant d’attraper mon bac…. Bien-sûr je recroise Duncan à la sortie du bac et on reprend ensemble pour une dizaine de kilomètres.

Maintenant la nuit approche un peu et j’ai bien le finish dans le viseur, je me dis que 23h sera réalisable, ce qui me ferais boucler la course en moins de 50 heures !

Tout se passe globalement bien et je minimise les pauses au stricte nécessaire pour trouver de l’eau, malheureusement notre trace traçait vraiment trop court et nous faisait emprunter routes fermées, chemins de vigne et j’en passe. Je préviens Fanny et François afin qu’ils ne tombent pas dans le piège car je sais qu’ils feront ça dans la nuit noire.

Au CP de granville (oui il fallait insérer la photo plus tôt mais à ce stade de la normandicat je ne prennais plus beaucoup de photos…)

Puis comme on s’est dit avec Duncan, les premiers 100km sont gratuits, les 100 derniers aussi ! et en effet, l’approche de Bayeux me rend euphorique. J’appuie de plus en plus sur mes pédales, je sais que je suis le premier de ceux qui ont fiat la course dans ce sens, mais je n’ai encore aucune idée de l’avantage qu’ont eu les autres qui ont commencé par Jumièges et bénéficié d’un meilleur vent.

J’arrive à 23h comme prévu, deux autres rouleurs étaient déjà arrivés (et déjà repartis !) Je retrouve Xavier qui m’offre un super repas de finisher, moins d’une heure après, Duncan arrive lui aussi 🙂 Suivi de Fanny et François qui complètent le top 5 !

100% de la team échappée belle est dans le top 5, on est super heureux, on arrive à peine à finir nos phrases mais on arrive à en rire.

Finisher !

Zefal Born to Ride 2018

Un des évènements principaux de l’année pour moi ! l’année dernière, ce challenge organisé par Luc Royer marquait mon entrée dans le monde du bikepacking.

Venant d’une communauté hyper active du pignon fixe, je recherche aussi et toujours à rencontrer de nouvelles têtes. La perspective de voyages à vélo ou pour le vélo m’excite toujours car je sais que je vais sortir de mon confort parisien et que je vais forcément faire de super rencontres. Mis à part le fait de se dépasser physiquement et mentalement, il y aura pour moi toujours cet aspect social qui est indissociable de n’importe quel sport, aussi solitaire soit-il.

La prépa

Car la préparation d’une course fait partie inhérente de l’évènement. Laisser trop de place au hasard coute trop cher en longue distance. C’est pourquoi je devais déjà bien valider mes choix techniques par rapport à mon nouveau vélo, le Moots Routt RSL que nous avons étudié ensemble à l’échappée belle. J’ai pu valider mes choix et en ressortir très satisfait lorsque j’ai participé à la Normandicat un peu plus tôt. En résumé, j’étais très serein quant au matériel.

D’autre part, il fallait bien préparer le parcours. La Born To Ride cette année nous faisait rallier 5 phares depuis Paimpol, jusqu’à San Sebastien. Entre ceux-ci, plusieurs dilemmes étaient de mise. Respecter la trace officielle en passant par Nantes ? ou bien traverser le pont de St Nazaire ?

Aussi, en fonction du timing, certains bacs pouvaient être avantageux, mais il valait mieux prévoir les itinéraires bis au cas où l’on allait rater les horaires parfois très espacés des bacs.

Pour finaliser tout ça, et car j’ai la chance d’habiter une ville peuplée de nombreux autres participants, nous avons confronté nos traces et discuté de tout ça par plusieurs « apéro BTR » et maintes versions de nos itinéraires, partagés assez largement au sein de la communauté.

KM0 – Attaque de Jean-Michel Jappuye !

 

Une après-midi ensoleillée, déjà le plein de nouvelles têtes, pour certains je sais que je vais les revoir en course, pour d’autres je sais que je ne verrai que leur lumière arrière. Cette année je suis équipé plus légèrement et je transporte bien moins d’affaires, ca vient somme toute compenser le choix que j’ai fait de rouler avec un vélo un peu plus lourd mais bien plus confortable.

A l’instar de mon équipement, le cœur lui aussi est assez léger. Je parlais l’année dernière de ces papillonnements lors du départ. Cette année, tout paraît plus simple. Je sais où je vais, je sais globalement avec qui je vais faire le départ, j’ai un planning aux petits oignons, il n’y a plus qu’à faire tourner la machine !
Petite inquiétude néanmoins car une semaine avant mon organisme était assez diminué à cause d’une infection, je pars avec mal de dents et mal de tête mais bon…

Et nous voilà partis, on fait un joli peloton avec principalement trois leaders : Patrick Benevent, Julien Verlay et moi-même qui nous relayons au front. Nous sommes suivis par une bonne trentaine de rouleurs. Eux se plaignent que l’on aille trop vite, nous nous plaignons qu’il n’y ait pas de prise de relai. On s’en fout après tout car l’esprit ce n’est pas ça ! nous sommes beaucoup au départ et il faut que tout cela s’étire, on fait confiance aux hasards du chemin pour rouler un peu moins tassés. On finira quand même à 500 km plus tard pour une première pause dodo avec 29km/h de moyenne. C’est quelque-chose à quoi je ne m’attendais pas, et dont je tirerai les apprentissages rapidement après !

 

Petit peloton du matin

 

La bifurque

A la base, mon parcours m’envoyait à Nantes, à un rythme beaucoup plus mesuré, pour me reposer rapidement dans un petit hotel de la ville. Étant donné que je roulais à l’avant de la course, je me suis laissé influencer par les autres leaders qui passaient tous par le pont de St Nazaire. Je me suis dit que si je voulais garder ce rythme, et comme je me sentais bien, il valait mieux rester en groupe, bien que celui-ci s’était amenuisé (nous n’étions plus que 4 avec Benjamin Gelabert, Patrick Benevent, et Bruno Le Bras).

Je passe donc du statut de « rouleur autonome qui sait où il va », à celui de « j’espère qu’on va pas n’importe où et que je ne fais pas n’importe quoi ».

Avec suffisamment de fatigue, je me plains déraisonnablement que nous faisons une pause trop longue à St Nazaire (arrêt à 18h à St Nazaire, suivi de resto en bonne et due forme et chambre d’hotel pour repartir à 03h30 à l’attaque du pont). Alors qu’avec le recul, je me rends compte que j’étais en fait dans mon planning prévu. Disons que j’ai fait du fractionné long :p

Jour 2

C’est à ce moment que le parcours devient un peu un challenge car je me retrouve à suivre une trace que je n’avais pas repéré virtuellement. Heureusement que nous roulons à une allure assez rapide, je me dis que l’un dans l’autre ça se compense.

Nous voilà partis pour le pont de St Nazaire, 4 pèlerins au beau milieu de la nuit. La montée du pont est impressionnante et pleine d’émotions, on se regroupe en haut le temps d’une photo et nous revoilà lancés en direction du CP3 jusqu’à à la tranche sur mer.

En cours de matinée nous retrouvons divers rouleurs qui ont emprunté un rythme différent, généralement plus lent, mais ayant nécessité moins de pause. C’est ici que je confirme ma volonté d’aller à mon propre rythme car j’ai l’impression que ces derniers km parcourus n’étaient pas les miens. On croise entre-autres Fanny Bensussan qui a su s’écouter et rouler à un rythme bien plus raisonnable, bien qu’ayant fait un seul mini bivouac pour traverser la nuit. On papote un peu et on se fait chambrer car ma récente crevaison nous a fait perdre pas mal de temps, je remercie mes compagnons d’infortune pour leur patience à ce moment.

Ayant commencé notre journée dans l’optique d’arriver au bac de Royan pour 12h30 à une allure frénétique, on se rend rapidement compte qu’on n’est pas dans les clous car on s’arrête trop. Intérieurement, je commence à accumuler de la frustration car je ne suis pas en maitrise de mon chemin. C’est lorsque je vois que nous sommes tangents pour attraper le bac de 14h30, que je décide de reprendre les choses en main. Cette magnifique occasion que nous donne Luc pour nous dépasser individuellement, je décide de la reconquérir et de continuer seul mon chemin en appuyant un peu plus fort sur les pédales.

Si tout se passe bien, j’attraperai le bac. S’il y a un empêchement, au moins je ne pourrai pas accuser injustement le groupe pour cela.

La course redevient mienne, je « roule aux panneaux » pour rejoindre le bac, j’y prends un maximum de plaisir car je sens bien que c’est comme ça que je vais rouler jusqu’à l’arrivée !

Ravi de retrouver le bac à l’heure, je retrouve mes compagnons de route qui ont emprunté un chemin différent ; apparemment ça a laissé des traces car il a fallu bombarder pour y arriver à temps. Satisfaction de voir qu’ils y sont arrivés eux aussi, immense satisfaction de se dire que maintenant, je vais revenir sur mon plan initial à rouler suivant mon feeling.

 

A la sortie du bac, nous voilà partis pour le cap féret. Le chemin est simple, roulant. Je trace sans me demander qui est devant ou derrière. Je suis juste dans l’instant à savourer le fait de rouler sur ma super machine au soleil bientôt couchant. Malheureusement il n’y a plus de bacs entre le cap féret et Arcachon. Alors que je suis résolu à continuer en faisant le grand tour du bassin, Benji nous rappelle que comme Luc le disais, tous moyens accessibles au public pour traverser les bassins eu autres bacs sont bons. Et voilà que 45 minutes plus tard, nous montons dans un zodiac pour une traversée épique du bassin, à 30 nœuds face à la pluie, à tenir nos vélos pour les empêcher de partir du zodiac ! Autant dire que la traversée est dynamisante. Impossible pour moi de m’arrêter bien qu’il soit minuit passé. Je décide de continuer à rouler sous la pluie, on verra bien quand elle aura raison de moi !

 

Last stretch

 

Petit matin sur biscarosse

 

Et la nuit fut longue… il n’a pas arrêté de pleuvoir. J’ai quand même trouvé un bivouac au sec, auquel je suis resté au moins deux heures, jusqu’à ce que la pluie se calme.

Je repars presque sec après m’être changé de la tête aux pieds. Je ne suis pas arrivé à vaincre la nuit + la pluie combinée, mais le moral est bon. Cavalier seul pour cette dernière ligne droite, il ne me reste plus que 200km jusqu’à l’arrivée ! je me sens très en sécurité grâce à mes lumières, la machine met un peu de temps à démarrer pour dépasser les 25Km/h de moyenne mais j’y arrive quand même après une pause boulangerie.

La traversée par hossegor vaut le coup d’œil, les paysages filent très vite et me voilà déjà proche de la frontière.

J’ai pas mal repéré la traversée de la frontière et l’arrivée à San Sebastian, mais je n’ai pas tellement fait attention aux dernières villes qui nous emmènent à Hendaye. A chaque fois que je vois un panneau, je me dis « chouette, dernière ville Française ! » et puis non… en bref j’enchaine les bosses citadines jusqu’à enfin passer la frontière espagnole assez complexe. Nous avions prévu un passage avec un peu plus de dénivelé mais qui allait être plus sûr. Mais la pente à plus de 20% sous la pluie, m’oblige à pousser le vélo. C’est pas grave ! les derniers kilomètres sont gratuits et l’idée de rallier l’arrivée permet de surmonter n’importe quel obstacle.

Je finirai même par la grimpe du faro de Iguieldo en mode KOM hunting, avant de me rendre compte que Luc nous attendait en bas 😉

Par chance, le mauvais temps s’arrête peu après mon arrivée, ce qui me permet de rester pour accueillir les prochains finishers ! Sans surprise, Fanny me rejoint seulement quelques heures après. Nous avons eu le même instinct de continuer à travers la nuit. Ça n’a pas la même dimension quand nous sommes seuls et que ce qui nous tient éveillé ce sont les animaux qui sortent des bois…

Quasiment une semaine après, vous voici à lire ce résumé. C’est le temps qu’il m’a fallu pour digérer tout cela et apprendre de ce qui s’est passé. L’élément principal sur lequel j’aurai progressé finalement ce sera de rester raisonné face à une tache si grande, et à respecter son plan sans trop se faire influencer sur le déroulement. Je pense qu’il faut rester ouvert à l’imprévu, mais cette course m’aura permis de connaître mes limites par rapport à quoi est-ce que je peux lâcher du lest. Respecter son propre rythme est trop important. Je me rends bien compte que c’est tolérable sur une distance comme celle-ci avec 64 heures de course, mais quand je pense à la Transcontinental Race, je sais que tomber dans le même travers sera fatal !

Un immense merci à Luc et toute l’équipe Chilkoot ainsi que les bénévoles. Merci également à l’échappée belle de me faire vivre et partager cette aventure en si bonne compagnie ! Bravo à Patrick Benevent pour s’être révélé et avoir aussi bien roulé sur ce qu’on a pu parcourir ensemble, bravo à Fanny ma co-ambassadrice de choc, ainsi qu’à toute l’équipe de l’échappée belle pour leur esprit et leur soutient, Claire, François, Romain, Patrick et Eric.

La photo finish

Coucou aux membres du RCC avec qui nous sommes partis comme des fusées ! on fait une belle ommelette de rouleurs regardez comme on est frais au départ 🙂

RCC x ZBTR 2018 (photo : Julien verlay)

Merci aux marques partenaires de l’échappée belle : Moots, DT-Swiss, 2-11 cycles et Mohawks

Festive 500

Quelle idée de choisir ces quelques jours entre Noël et le jour de l’an, pour proposer un challenge qui consiste à parcourir 500 Km ? Qui a envie de faire ça ? Cette année ce sont pas moins de 83 000 athlètes à travers le monde qui se sont inscrits sur cette initiative de Strava et Rapha.

Pour ma part, c’est la deuxième année consécutive que je le fais. Ma première fut presque de la triche quand après avoir parcouru 500 Km sur Marseille-Nice-Marseille avec les amis rouleurs du sud, je lisais les rapports de mes amis qui l’ont fait dans le nord, avec des conditions épiques qui ont forcé pas mal à abandonner ! pour ma part, je roulais sans gants, avec un grand soleil…

Passons à cette année ou à l’encontre de l’année dernière ou j’ai fait ça sur un coup de tête, ce coup ci nous avions planifié la chose avec les amis du RCC.

Il s’agira donc de faire la Mythique Bordeaux-Paris, inspiré par le fabuleux livre de François Paoletti et Foucauld Duchange, photos de Jochen HoopsMonuments du cyclisme

Monuments du cyclisme, éditions Tana 2017 (photo : Jochen Hoops)
Monuments du cyclisme, éditions Tana 2017 (photo : Jochen Hoops)

Nous avons respecté d’assez près la trace « officielle » proposée dans le livre, et ce fut un passeport pour de fabuleux paysages !
Nous voilà donc partis de Bordeaux, après une bonne nuit de repos, remis quelquepeu des fêtes qui avaient mal commencé pour moi, avec une grippe et un torticolis qui se taira seulement au deuxième jour du parcours. La team est amenuisée au cours de la planification, on regrettera Benoît D. qui n’aura pas pu se joindre à nous. Les irréductibles seront au nombre de 5, à l’aventure pour 670 Km avec comme compagnons : Fanny B.  Matthieu Ed.  Xavier C.  Romain P.

Day 1 – Bordeaux – Lussac

Moi qui était en recherche de conditions difficiles, ce fut d’abord le froid qui nous eut surpris. mais l’ensemble de la journée que la pasa dan la douleur cumulée du froid et de mon manque d’entrainement ces deux dernières semaines, fut compensé par de supers paysages et un magnifique lever de soleil au départ en haut des vignes de la région qui produit le plus grand vin du monde (nous etions partis à 7h du matin).

Lever de soleil sur les vignes bordelaises (photo : Fanny Bensussan)

Cette première journée pliée fut la plus longue avec 250 Km, afin de s’arrêter à Lussac. Ne pas sous-estimer les rolling hills qui n’en finissent plus ! Matthieu s’est fait avoir à nous annoncer « oh bah c’est la dernière celle-là » avant qu’on enchaine deux ou trois autres…
Chemins grand luxe et un bitume digne des plus rapides étapes du tour de France, toute la sortie était à l’abri du traffic, idéal.

Day 2 – Lussac – Blois

Physiquement je suis dans le mal dès le départ… c’est vrai qu’on a pas chommé avec 26Km/h de moyenne le jour précédent. mais cette fois-ci, il fait bien meilleur meme s’il pleuviotte. Le coup c’est qu’on a maintenant le vent dans le dos, de grandes lignes droites à fendre et un groupe bien homogène qui nous permet de rester grouper si nécessaire.
les coureurs de l’époque auraient continué à tracer après Romorantin pour aller à Orleans, nous avons opté pour un crochet par Blois. Après-tout, le challenge est de faire le plus de bornes possible et ne se limite pas à 500 Km ! D’ailleurs la plus grande distance effectuée durant le challenge (sur strava, donc) est de 2500 Km, soit 5 fois le festive 500. avis aux amateurs.

Day 3 – Blois – Paris

A ce stade là, on peut lacher les chevaux. mon mal s’estompe à mesure que je m’échauffe, c’est le dernier jour, on commence à reconnaitre les routes.

Découverte pour ma part du chateau de Chambord, après être passé lar celui de Angles sur l’anglin

les deux chateaux du jour
les deux chateaux du jour

Mais le vrai moment de délivrance sera le coup de cul de la cote de l’homme mort. en sortie de chevreuse, avant de revenir à la réalité parisienne…

Pour ceux qui questionnent l’interêt de ce challenge qui tombe à un moment un peu batard de l’année, ça restela meilleure manière de ne pas trop regretter d’avoir attaqué ce chapon avec autant d’appetit et ces marrons glacés qui viennent ponctuer les fêtes de famille. De quoi attaquer 2018 serreinement, sachant ce qui m’attend.

« – Mais tu reprends encore des langoustines Yoann ?!
– Ne t’en fais pas, dans deux jours le pars pour 700 bornes dans le froid.
– Ah ben alors prends du riz aussi »

Occasion idéale de rouler avec les amis du velo, notre groupe est resté bien soudé, toujours aussi marrant de borner et boire des bières ensemble 🙂

Cheers to you guys!

 

Rapha prestige (not a) race report – Le choix parmi les plaisirs

L’évènement sportif dans tous les sens du terme. Une formule prestigieuse alliant camaraderie, et dépassement de soi, dans cette région des Vosges que l’on nous fait découvrir le temps d’un week-end.

Ayant repris le vélo il y a un tout petit peu plus d’un an, c’était à cette période que j’entendais parler de cet évènement qui l’année dernière s’était tenu dans le massif central. On ne m’en a dit que du bien, les participants semblent tous en prendre plein les mirettes pour pas mal de temps !
Cette année, nous sommes conviés au château du Hohlandsbourg pour ce rassemblement ou il fallait composer une équipe de quatre.

Premiers virages et nous voici déjà à croiser les villages en période de vendanges.

Et c’est ce chiffre quatre qui nous vaudra quelques malheurs, tout d’abord avec un équipier Robin, blessé au genou, rapidement remplacé par David. Ensuite, par la casse du vélo de notre équipier Clément, qui force Robin à le remplacer au pied levé. Lui qui comptais venir pour prendre quelques photos, il s’en sera bien mis plein la vue ! nous formons donc tant bien que mal, une valeureuse équipe de 4 avec David, Robin, Eka et moi-même.

Nous sommes sur le départ de 8h27, les départs temporisés par équipe sont une super idée qui dès le début nous fais nous dire que plus on part tard, plus on aura de chances de doubler du monde 😉

L’épreuve de camaraderie

Malheureusement, nous essuierons rapidement l’abandon de notre Eka qui lui aussi, se fait mal au genou et se retrouve contraint d’abandonner la course. Il faut dire que dès le départ, nous sommes partis un peu rapidement ! après 45 minutes à attendre au premier Checkpoint, nous apprenons la nouvelle et retournons rouler à trois, en croisant les doigts pour Robin qui fait preuve de courage.

Premières descentes avec Dada

Le choix parmi les plaisirs

C’est passé cette déconvenue que je dois faire un rapide bilan mental :

  • Les paysages sont à couper le souffle
  • J’ai de bonnes jambes aujourd’hui
  • Que du bon monde autour de nous
  • Ça monte ! ça descend tout autant…
  • Nous sommes en équipe réduite
  • La fatigue est différente pour chacun d’entre nous

Parmi ces faits, certaines incompatibilités s’opèrent. Pour prendre du plaisir, je vais devoir choisir. Courir à mon rythme et sans cesse, grisé par ces paysages et l’émulation des autres coureurs, ou bien prendre le temps de savourer le moment en se disant qu’on aura toute la vie pour se faire mal aux jambes ?

Finalement, j’essaierai de conjuguer le tout, en roulant à mon rythme entre les checkpoints, mais en faisant des pauses pour rester ensemble. Se rappeler que l’effort demandé est grand et qu’il y a des jours sans pour certains. Espérer qu’on ne sera pas le prochain. Se réconforter avec d’énormes cafés offerts par le RCC.

La vue sur le chateau à la fin du parcours, on ne sait pas encore la difficulté de la dernière montée à 14% !

 

Ce jour, je me suis d’avantage rendu compte que rouler à plusieurs, c’est une discipline différente qui demande d’autres forces. Par ailleurs, certains y excellent ! Chapeau bas à une équipe qui pour moi impose un profond respect, celle de Amélie, Moritz, Juan et Romain, qui ont complètement intégré et pratiqué l’esprit du prestige rapha, en profitant ensemble au maximum de cette sortie. Bises.

Le coté tangible

Un énorme plaisir à rouler avec ces nouveaux pneus, les Compass Chinook, de 28mm. Bien gonflés pour attaquer ces deux magnifiques passages de la sortie Rapha prestige que sont les cols du petit ballon et celui du grand ballon. Un confort immense par rapport à mes précédents Clément LGG 25mm.

Born to Ride 2017 – Race Report

Sur la ligne de départ, après une petite averse qui fut au final de bonne augure, je ne ressens à ma grande surprise aucune inquiétude ou stress, c’est pourtant pas les raisons qui manquent ! Mais dans mon manque de préparation, j’aborde l’épreuve avec un recul et une humilité forcée qui feront s’envoler ces palpitements du cœur ; ceux que l’on peut ressentir lorsqu’un compte à rebours commence.

Quelques heures avant cela, en voilà pourtant une bonne raison de paniquer ! mon passage du grand au petit plateau ne se fait pas… il s’avère que dans mon élan de nettoyage du vélo, j’ai reassemblé la petite couronne à l’envers… L’ami @Julien Verlay me reconnais bien là et préfère en rire. Voilà ce pédalier enfin remis, je suis prêt à bien attaquer ce repas qui nous est offert par l’organisation, dans ce super cadre qu’est le Monastère bien au sommet du Mont Sainte-Odile.

Un briefing très responsabilisant nous est donné par notre ami Luc Royer, le départ a lieu à 22h avec la descente du mont, très calme à la tombée de la nuit. Je pars peut-être un peu trop fort (bien entendu) et me rends compte que je suis dans un groupe de rouleurs très speed qui ne sont pas là pour planter des carottes.

Dans ce qui sera ma seule séance jardinage, après avoir fait tomber ma lumière arrière et tenter de rattraper mon groupe, je me retrouverai à faire de multiples demi-tours dans les vignes… pour enfin retrouver ma route et un joli peloton de mes amis avec lesquels j’ai partagé le repas !

On amorce sereinement mais de manière bien soutenue, le mont Blauen en route vers l’Allemagne.

Arrivés vers 2h du matin au sommet, l’ascension me fait me rendre compte qu’un braquet plus léger m’aurait évité un peu de fatigue, tant pis pour mon « tout à gauche » 36×32 avec toute ma bagagerie.

Trace Strava « départ BTR » 126K 1300D+ 5h20

La descente fut très humide et le froid me fatigue, je décide de bivouaquer peu de temps après avoir redescendu, vers 5h du matin.

Second jour au démarrage tranquille, je retrouve quelques personnes de la course sur ma route et nous sommes partis pour la suisse que j’affectionne tout particulièrement.

Jour 1 CP1 Blauen –  Grimsel 223K 3400D+ 18h

J’écrirai un article propre à l’utilisation du GPS,au repérage de course et particulièrement aux erreurs à éviter. Pour ma part, mon erreur de mapping fut lorsque j’ai étudié les deux possibilités de sortir de la suisse, entre Grimselpass + Simplon, ou Gothard avec son fameux col pavé. J’ai malheureusement chargé une carte alternative qui me faisait emprunter un sentier de 5km, que j’avais choisi de ne pas faire. J’ai donc perdu un bon 45 minutes à refaire ce segment avec Google maps, à noter les patelins sur papier libre.
Cette frustration fut largement compensée par une pause snack remplie de bons fruits achetés au marché.

Une entrée dans la suisse ensoleillée, une ascension longue mais régulière par le Bloseberg s’en suit par ce que la suisse a de meilleur à donner :

Les détours préservés de la suisse

Je retrouve mon ami @Clement Amano sur la route à son rythme, il va moins vite mais c’est un sage de la route qui a l’expérience dans sa gestion sommeil/effort après un Paris-Brest-Paris dans les jambes. Je sais que je fais trop de pauses, il me donne à réfléchir sans le savoir…

 

L’ascension du Grimselpass est une aubaine, à cause de son enneigement au sommet, cela fait une semaine seulement qu’il a rouvert à la circulation. C’est le chemin officiel, pas le plus court du tout en termes de temps mais il nous fait grimper un maximum et j’en veux pour mon séjour !

j’essaye de garder un bon rythme mais je sais que je ne vais pas pouvoir aborder le deuxième col du Simplon car il fera trop froid pendant l’ascension du Simplon. Un hôtel entre Grimselpass et Simplon me requinque pas mal, douche appréciée. J’ai trop dormi mais c’est pas grave, je veux que cette première expérience se déroule dans les meilleures conditions.

C’est à l’attaque du Simplon que je rencontre Jeff avec qui j’arriverai jusqu’à M en Italie. L’ascension du Simplon à la fraiche est vraiment superbe, c’est roulant et le D+ n’est pas agressif.

Jour 2  Simplon – CP2 Mottaronne 160K 2800D+ 10h40

Jour 2 CP2 Mottaronne – Turin 132K 400D+ 7h

Passage du Simplon et son aigle ( 📸 par Jeff)

C’est la grimpe de motaronne qui aura raison de moi, je faillit à faire une petite hypoglycémie et prends 5 minutes de break pour sécuriser ma grimpe. Arrivés à motaronne, on se rend compte qu’on est pas mal classés (30 je crois), je commence vraiment à me rendre compte que tous ces gens en mono-plateau et grosse cassette de 40+ ont vu bon !

Partis de motaronne après un énorme plat de pâtes, nous formons un groupe très efficace de 4 personnes qui tranchera les plaines italiennes à + de 40km/h, pas le temps de niaiser malgré les superbes villages que nous traversons. Notre groupe (au final de 3 personnes) étant solide et homogène, je décide de rester avec eux pour la journée suivante. L’arrivée à Turin coïncide avec le milieu de la nuit.

Petite erreur ici fut d’aller à l’hôtel avec les gars plutôt que de gérer mon sommeil tout seul. En effet, je privilégie un réveil naturel et je ne mets généralement pas d’alarme pour me réveiller. Mais la chose est tout autre quand nous roulons en groupe ! Mon corps aura raison de moi car à la reprise au petit matin, mon corps refuse de pédaler, j’ai du mal à suivre alors que nous allons à peine à plus de 25 Km/h.

Je fais donc le choix de laisser mes compagnons aller à leur rythme et choisi la sieste de 20mn aux abords du col pour Montgenèvre. Je reprends cette séance de grimpe plein d’énergie, peu importe le soleil qui sera au zénith une fois que je rejoins le 3ème checkpoint, je prends un plaisir fou à rejoindre le côté français ! la descente ce fait dans une chaleur accablante et à contrevent, mais une petite pause pour tremper les pieds dans l’eau glacée de la durance recharge mes batteries facilement.

Je continue mon chemin seul vers le finish, et je retrouve mes copains d’Italie lorsque je suis posé en terrasse en attendant ma pizza. Nous irons de nuit à travers la méoule, et on bivouaque à Sault pour se garder le mont Ventoux au petit matin.

Jour 3 Turin – CP3 Montgenèvre – Sault (pied du ventoux) 295K 3300D+ 14h

Démarrage de la journée à 4h30, je grimpe le Ventoux seul pour ce baptême qui n’aurait pas pu se faire en de meilleures conditions. Aucun cycliste à l’horizon, seul mon grand ami @Julien me rejoindra en haut lorsque je prends ma pause photo, Je sais combien le Ventoux est précieux pour lui, nous partageons les derniers mètres de grimpe.

Sommet du ventoux, hygiène (📸 par Julien Verlay)

@Fanny est pas loin derrière et nous continuons la route ensemble.

Julien est trop dopé grâce à la descente du Ventoux à mach 3, il appuie trop fort pour nous. Je découvre Fanny qui est parisienne également, on s’applique à garder un rythme solide et régulier tout en faisant connaissance, sachant tout deux que nous sommes en sécurité pour être dans les délais de ce soir au mont aigoual.

Ayant mis le tracker de mon garmin et sachant que mes parents m’attendent en haut, je ne peux m’empêcher d’appuyer sur mes pédales, je commence à avoir les bons réflexes : pauses à minima, rafraichissement déraisonnable et cette chaleur caniculaire, protection solaire, je mange mes bonbons sur la route et je trace seul à mon rythme sur ce long faux plat des cevennes, je n’en voit pas le bout ! le mont aigoual est si proche, mais il est invisible. On tourne autour longtemps avant d’y arriver. Mes nerfs lachent quand vers la fin de la course, nous devons redescendre puis remonter dans un single track très minimaliste. J’insulte allègrement les mouches qui naïvement m’affectionnent sans connaître la rage que j’ai à leur encontre.

Ca y est, je vois la fin, la route devient d’un coup super bien, j’appuie sans cesse, mes parents savent que j’approche. L’émotion est très grande au finish, l’accueil des autres finishers est ineffable. Je l’ai fait, de surcroît dans un temps raisonnable de 90 heures qui me classe 25ème.

Jour 4 CP4 Ventoux – FINISH Mt Aigoual  240K 3500D+ 14h40

Mes apprentissages sur la BTR :

Dormir à son propre rythme, ne pas se caler sur d’autres personnes et respecter ses besoins de sommeil.

Je suis très satisfait par mon vélo Genesis Zero, merci à @l’échappée belle ! Bien qu’ayant opté pour un cadre en carbone, je suis très satisfait du confort de roulage qu’il m’offre. Les pneu de 25mm n’ont pas été un problème mais je reste curieux d’aborder une longue distance avec un des gommes plus larges. Malheureusement, j’aurais besoin de plus de clearance et de changer de cadre si je veux le faire.

Pour du D+, je serai également plus à l’économie si je passe en « 1 by » avec un mono plateau et une cassette plus ample.

J’ai de mauvais souvenirs sur mes longues distances, par rapport aux contraintes sur le périnée. J’avais donc monté une selle ISM (reliques de ma période triathlon !) mais je me suis rendu compte qu’après un certain moment, j’ai développé une mauvaise montée de mon genou droit qui « fait des ronds » à cause du bec de selle trop large. Bien que je me sens bien sur ma selle au niveau du périnée et que je suis très à l’aise particulièrement une fois sur mes prolongateurs, je pense que c’est la selle qui est à l’origine d’une « presque » TFL/essuie-glace. Une fois que je me suis vraiment appliqué à ne pas dévier mon genoux dans sa montée, c’est rentré dans l’ordre.

Pour le coté « Tangible » / matérialiste, je suis satisfait de :

Mon electronique

Garmin 1000 pour le guidage + mon vieux 500 en backup (pas utilisé)

Ma montre forerunner 235 pour la fréquence cardiaque, pratique au poignet !

Chargeur Anker 20 000 mAh

A l’exception de ma lampe lezyne qui ne s’avère pas pouvoir fonctionner si elle est en train de charger 🙁 . J’investirai donc dans une lampe avant qui va bien pour les prochaines !

Je suis très heureux d’avoir fait un bike fitting un peu avant la BTR.

J’avais déjà fait une semi étude posturale en statique, donnant des cotes idéales selon la pratique envisagée, après mesures corporelles) mais je voulais conforter cela avec une étude posturale plus complète, en dynamique.

J’ai fait la connaissance de Daniel Casado qui a été très efficace et de bon conseil pour ma position. Il connaît très bien la position CLM et il a su adapter la position pour quelque-chose de plus confortable et durable.
Je vous conseille de ne pas vous y prendre au dernier moment pour ce faire, car l’étude peut durer et demander quelques ajustements au fil des semaines. Il faut également pouvoir être confiant dans sa position aux abords d’une course.

Vous connaissez tous le conseil de ne pas changer ses habitudes au dernier moment ! c’est valable aussi bien sur le plan nutrition, ou équipement.

Articles par les copains :

Born to Ride 2017 par Julien V. (la tête et les jambes)

Born to Ride 2017 par Fanny B.